À quinze jours des élections législatives du 27 octobre, la campagne électorale israélienne prend une tournure particulière : le procès de Benyamin Netanyahou continue, et le calendrier judiciaire pourrait bien peser sur le débat politique.

Ce dimanche 11 octobre, une nouvelle étape s’ouvre avec le témoignage d’Avichai Mandelblit, ancien conseiller juridique du gouvernement et figure centrale de l’enquête qui a conduit à l’inculpation du Premier ministre. Les avocats de Netanyahou souhaitent que son audition se poursuive jusqu’au 22 octobre, soit cinq jours seulement avant le scrutin.

Pour le chef du gouvernement, l’enjeu est considérable. Depuis plusieurs années, il conteste les accusations portées contre lui et dénonce une procédure qu’il considère comme politiquement motivée. Ses opposants, eux, estiment que cette affaire pose une question fondamentale : un dirigeant poursuivi dans plusieurs dossiers de corruption peut-il continuer à exercer les plus hautes responsabilités du pays ?

Mais cette affaire divise profondément les Israéliens. Pour les partisans de Netanyahou, les poursuites illustrent les excès d'un système judiciaire qu'ils jugent trop puissant. Pour ses adversaires, elles témoignent au contraire de la nécessité de préserver l'indépendance de la justice et l'égalité de tous devant la loi.

Le calendrier est d'autant plus sensible que le scrutin du 27 octobre s'annonce disputé. La campagne est déjà dominée par les conséquences du 7 octobre 2023, la sécurité nationale, la conduite de la guerre et les critiques visant le gouvernement.

Le procès risque donc de devenir un sujet central des derniers jours de campagne, chaque camp cherchant à imposer sa propre lecture des événements.

Une question se pose désormais : les électeurs israéliens voteront-ils d'abord sur le bilan sécuritaire du Premier ministre, sur sa politique, ou sur les affaires judiciaires qui le poursuivent ?

Dans une démocratie aussi polarisée que celle d'Israël, la réponse pourrait contribuer à déterminer non seulement le prochain gouvernement, mais aussi la place que la justice occupera dans le débat public des années à venir.