À deux jours des élections législatives, des dizaines de milliers d’Israéliens vivant à l’étranger s’apprêtent à rentrer au pays pour participer au scrutin. Un déplacement parfois coûteux, motivé par une conviction : l’avenir d’Israël se joue aussi dans les urnes.

C’est une mobilisation inhabituelle qui accompagne la dernière ligne droite de la campagne électorale israélienne. Selon l’Associated Press, jusqu’à 67 000 Israéliens installés à l’étranger pourraient faire le voyage pour voter lors des élections législatives du mardi 27 octobre.

Depuis les États-Unis, le Canada, l’Europe ou encore l’Australie, ces électeurs acceptent de payer parfois plusieurs milliers de dollars pour exercer leur droit de vote. La raison est simple : Israël ne permet généralement pas à ses citoyens résidant à l’étranger de voter par correspondance ou dans les ambassades. Pour glisser un bulletin dans l’urne, il faut donc être physiquement présent dans le pays.

Derrière cette mobilisation, il y a des motivations différentes. Certains veulent sanctionner le gouvernement de Benyamin Netanyahou, notamment pour sa gestion des conséquences du 7 octobre 2023, les défaillances sécuritaires et les controverses autour de la réforme judiciaire. D’autres souhaitent au contraire soutenir le Premier ministre et les partis de droite.

Pour l’opposition, ces électeurs pourraient représenter un renfort précieux dans un scrutin annoncé comme particulièrement serré. Mais leur influence réelle reste incertaine : tout dépendra du nombre de personnes qui feront effectivement le déplacement et de leur choix dans l’isoloir.

Cette mobilisation révèle aussi un paradoxe israélien. Alors que le pays connaît depuis plusieurs années une émigration importante, notamment parmi les professionnels qualifiés, une partie de ceux qui vivent à l’étranger reste profondément attachée à son avenir politique.

Mardi, certains électeurs auront donc parcouru des milliers de kilomètres pour quelques secondes dans un bureau de vote. Une manière de rappeler qu’en Israël, même lorsqu’on vit loin du pays, on peut continuer à se sentir directement concerné par son destin.