À cinq jours des élections législatives israéliennes, prévues le 27 octobre, un phénomène attire l’attention des observateurs : la progression de la droite radicale auprès d’une partie de la jeunesse israélienne.

Selon une enquête relayée le 20 octobre par l’agence Reuters, le parti Otzma Yehudit, dirigé par Itamar Ben Gvir, séduit désormais au-delà de son électorat traditionnel. Son discours sécuritaire trouve notamment un écho auprès de jeunes électeurs urbains, qui ne se reconnaissaient pas nécessairement auparavant dans les mouvements les plus radicaux de la droite israélienne.

Cette évolution intervient dans un contexte particulier. Pour la première fois depuis les attaques du 7 octobre 2023, les Israéliens sont appelés à se prononcer dans les urnes sur le bilan politique du gouvernement de Benjamin Netanyahou. La sécurité, la guerre, le service militaire et la question de la responsabilité des dirigeants occupent une place centrale dans la campagne.

Mais la jeunesse israélienne n’est pas un bloc homogène. Si certains jeunes réclament davantage de fermeté face aux menaces sécuritaires, d’autres s’inquiètent du coût de la vie, de l’avenir économique, de la fracture entre religieux et laïcs ou encore de la place de la démocratie dans le pays.

La question du service militaire est particulièrement sensible. Alors que de nombreux réservistes ont été mobilisés à répétition, les exemptions accordées à une partie de la population ultraorthodoxe alimentent un débat sur le partage des obligations et des sacrifices.

Le scrutin du 27 octobre sera donc bien davantage qu’un duel entre Benjamin Netanyahou et ses adversaires. Il permettra aussi de mesurer les aspirations d’une génération marquée par la guerre, l’insécurité et les divisions politiques.