Les élections législatives israéliennes, organisées mardi 27 octobre, débouchent sur un scénario incertain. Au lendemain du scrutin, le Likoud de Benyamin Netanyahou arrive en tête, mais le Premier ministre sortant ne dispose pas, à ce stade, des soutiens nécessaires pour former une majorité à la Knesset.
Selon les résultats partiels publiés mercredi matin, avec plus de la moitié des bulletins dépouillés, le Likoud recueille environ 21 % des voix et se voit attribuer 28 sièges. Le parti Yashar, dirigé par Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major, obtient 21 sièges. La formation Ensemble, associée à Naftali Bennett, en recueillerait 11.
En comptant les différentes formations, le bloc de Netanyahou disposerait d’environ 55 à 56 sièges, contre 48 à 50 pour le camp de l’opposition. Les partis arabes pourraient obtenir une quinzaine de sièges. Or, la Knesset compte 120 députés et il faut réunir au moins 61 élus pour disposer d’une majorité absolue. Aucun camp ne semble donc en mesure de gouverner seul.
La participation électorale atteint 77,7 %, un niveau particulièrement élevé qui témoigne de l’importance de ce scrutin, le premier depuis les attaques du 7 octobre 2023.
La campagne a été dominée par les questions de sécurité, le bilan du gouvernement face aux attaques du Hamas, la guerre régionale, mais aussi les tensions autour du service militaire des ultraorthodoxes et de l’avenir des institutions démocratiques.
Netanyahou revendique la possibilité de former un gouvernement de droite, tandis que Gadi Eisenkot affirme que le résultat traduit une volonté de changement. Mais les alliances s’annoncent difficiles, notamment parce que les deux camps hésitent à dépendre des partis arabes.
La bataille électorale laisse ainsi place à une bataille de coalition. Les résultats définitifs et les négociations des prochains jours détermineront qui pourra diriger le pays. En Israël, arriver en tête ne suffit pas : encore faut-il réunir 61 députés autour d’un même gouvernement.
