À onze jours des élections législatives israéliennes, une question pourrait peser lourd dans les négociations politiques : les partis arabes auront-ils un rôle décisif dans la formation du prochain gouvernement ?
Le sujet est particulièrement sensible. Selon une dépêche publiée ce vendredi par l’Associated Press, le parti Ra’am, dirigé par Mansour Abbas, pourrait jouer un rôle déterminant si aucun des grands blocs politiques ne parvient à obtenir une majorité suffisante à la Knesset.
Mansour Abbas n’est pas un inconnu de la vie politique israélienne. En 2021, il avait franchi une étape historique en faisant participer son parti arabe à une coalition gouvernementale. Sa stratégie consiste à privilégier des préoccupations concrètes : la lutte contre la criminalité dans les localités arabes, les infrastructures, le logement et les services publics.
Mais aujourd’hui, le chemin reste semé d’obstacles. Benyamin Netanyahou comme plusieurs figures de l’opposition ont exclu de former une coalition avec les partis arabes. Cette position pourrait compliquer considérablement les négociations si les résultats électoraux ne permettent pas de dégager une majorité claire.
Les citoyens arabes représentent environ 20 % de la population israélienne. Leur participation électorale et la représentation de leurs intérêts constituent donc un enjeu important, même si leurs partis restent confrontés à une forte méfiance dans une partie de la société israélienne, particulièrement depuis le 7 octobre 2023.
Le paradoxe est frappant : des partis que les principaux candidats refusent aujourd’hui d’intégrer à leur coalition pourraient contribuer à déterminer l’identité du prochain gouvernement.
À l’approche du scrutin du 27 octobre, la question n’est donc pas seulement de savoir quel camp arrivera en tête. Il faudra aussi déterminer qui sera réellement en mesure de gouverner.
En Israël, les élections réservent parfois des surprises. Et cette fois encore, les derniers sièges pourraient compter autant que les premières places.
